Évaluations du marché

Marché du logement toujours tendu

Le taux de vacance en Suisse s'élevait à seulement 0,93% au début du mois de juin 2026, comme l'a annoncé l'Office fédéral de la statistique (OFS) le 10 septembre 2026. Cela représente une baisse de 0,07 point de pourcentage par rapport à l'année précédente. Cette tendance à la baisse se poursuit donc pour la sixième année consécutive. Cette évolution illustre qu'une détente de la pénurie de logements n'est toujours pas en vue.

Michelle Müller
Publié
Temps de lecture: 4 minutes

Au cours des six dernières années, le marché du logement en Suisse a connu une transformation profonde. Le taux de vacance a considérablement diminué pendant cette période, entraînant une situation de marché historiquement tendue. Bien que ce phénomène soit perceptible dans toute la Suisse, les effets sont nettement plus marqués dans les centres urbains que dans les régions rurales ou périphériques. Au 1er juin 2026, seulement 45 493 logements étaient vacants dans tout le pays.

Marché du logement sous pression

La diminution continue du taux de vacance est une conséquence directe du déséquilibre entre l'offre et la demande. Bien que l'activité de construction augmente et que des investissements soient réalisés dans des constructions neuves et des rénovations, l'offre reste insuffisante pour répondre à la forte demande. Ce déséquilibre entraîne une nouvelle hausse des loyers proposés, aggravant encore la situation pour les personnes à la recherche d'un logement.

Demande toujours élevée

La forte demande de logements est principalement alimentée par la croissance démographique, qui est en grande partie due à l'immigration. Cependant, la migration vers la Suisse a diminué depuis 2024 et s'élève actuellement à environ 72 000 personnes par an. Cette baisse est notamment liée aux défis du marché du travail suisse, qui connaît une augmentation du taux de chômage depuis 2024. Dans certains secteurs, il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi.

Si la migration continue de diminuer, une légère détente du marché du logement pourrait se profiler à moyen terme – à condition que l'activité de construction reste suffisamment élevée pour répondre à la demande. À court terme, cependant, aucun allègement significatif n'est à prévoir. Outre la croissance démographique, d'autres facteurs influencent également la demande. Parmi eux figurent l'augmentation des ménages d'une seule personne ainsi que le changement démographique marqué par le vieillissement de la population.

Baisse régionale inégale du taux de vacance

La baisse du taux de vacance au cours des six dernières années a varié selon les régions, en raison des situations de départ différentes en 2020. Dans certaines agglomérations et régions de Suisse, une construction intensive avait eu lieu les années précédentes, entraînant un taux de vacance relativement élevé. Dans ces zones, la baisse a donc été particulièrement marquée.

Dans des emplacements centraux comme la ville de Zurich, en revanche, la pression sur le marché locatif n'a pas pu être compensée par une offre suffisante. Cela a conduit à une augmentation particulièrement forte des loyers. La situation tendue dans les centres-villes se reflète également dans l'évolution du taux de vacance, qui y était déjà très bas il y a plusieurs années.

Taux de vacance extrêmement bas dans les villes

Dans les grandes villes suisses, la pénurie de logements est manifeste depuis des années, ce qui se traduit par des taux de vacance extrêmement bas. À Zurich, par exemple, le taux de vacance était déjà très bas en 2020, à 0,15%, et a encore diminué depuis. Aujourd'hui, ce taux s'élève à 0,11%. Parallèlement, les loyers dans la ville ont fortement augmenté – à Zurich, la hausse des loyers proposés au cours de cette période a été d'environ 23%. 

Les raisons de cette évolution sont multiples : dans les villes, l'espace est limité, et les projets de construction sont souvent retardés par des procédures longues, des réglementations et des oppositions. Les reconstructions créent certes un peu plus de logements, mais ils ne suffisent pas à répondre à la forte demande. De plus, les nouveaux logements avec des loyers excessifs ont souvent l'effet inverse: ces logements sont parfois difficiles à louer, ce qui prolonge les délais de location.

Évolution inverse dans les zones périphériques

Alors que le taux de vacance est resté presque inchangé à un niveau bas dans les grandes villes suisses, une autre tendance se dessine dans les régions périphériques. Ces zones étaient encore marquées par des taux de vacance élevés il y a quelques années. Cependant, la hausse des prix dans les villes et leurs environs a poussé les personnes à la recherche d'un logement à élargir leur périmètre de recherche.

La généralisation du télétravail a rendu les trajets plus longs acceptables pour de nombreuses personnes. Les communes bien desservies et fiscalement avantageuses dans les régions périphériques bénéficient de cette évolution. Alors qu'elles étaient confrontées à des taux de vacance élevés il y a quelques années, ces zones sont aujourd'hui très demandées. Le niveau relativement bas des loyers les rend encore plus attractives.

Cette tendance se poursuit : dès que les marchés dans les agglomérations deviennent plus tendus et que les prix augmentent, les personnes à la recherche d'un logement se tournent vers des zones encore plus éloignées. Outre le coût des loyers, la connexion aux transports publics et l'accessibilité en voiture jouent également un rôle important.

Des communes avec un taux de vacance élevé existent toujours

Malgré la forte baisse du taux de vacance au cours des six dernières années, certaines communes continuent d'afficher des taux de vacance élevés. Ces communes se trouvent souvent dans des régions reculées et disposent d'un faible parc de logements. Même un petit nombre de logements vacants peut considérablement influencer le taux de vacance dans ces communes. Des exemples incluent des communes comme Matran avec un taux de vacance de 10%, St. Immer avec 9,4% et Hellsau avec 8,9%.

L'évolution du taux de vacance en Suisse montre à quel point le marché du logement varie selon les régions. Alors que la pénurie continue de s'aggraver dans les villes, les régions périphériques bénéficient d'une demande croissante. Les loyers proposés y sont parfois encore plus bas, mais avec l'augmentation de la demande, les loyers y augmentent également. Le défi reste de créer une offre de logements adaptée aux besoins de la population.

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