Surface résidentielle par habitant en Suisse: une évolution à bas bruit lourde de conséquences
Voilà un chiffre qui en dit long: selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS), chaque personne occupait en moyenne 46,6 m² de surface habitable en Suisse en 2025. Par rapport à il y a dix ans, cela correspond à une augmentation d’environ 1,5 mètre carré. Ce chiffre apparemment insignifiant témoigne d’une mutation sociale: des ménages plus petits, une population vieillissante, l’urbanisation et l’évolution des exigences en termes de logement. Mais alors que le besoin en surface par habitant augmente, les logements se raréfient globalement. L’offre ne suffit pas à répondre à la demande et le nombre de logements vacants a de nouveau baissé.
Pourquoi nous avons besoin d’une surface toujours plus importante
L’augmentation de la surface d’habitation est moins un signe de richesse que l’effet d’évolutions démographiques. La taille des ménages diminue, mais pas forcément celle des logements. Lorsque les enfants quittent le foyer familial, les parents restent souvent dans le même logement, ce qui augmente la surface occupée par chaque personne. Les personnes vivant seules, en particulier, dont le nombre augmente fortement en Suisse, occupent une surface supérieure à la moyenne. Les personnes âgées, qui restent souvent dans des maisons ou de grands appartements, contribuent aussi à cette tendance.
La surface moyenne par habitant varie fortement avec le nombre de pièces. Elle est de 30 m² dans les appartements d’une pièce, contre 50,9 m² dans les 5 pièces. Les grands logements comprennent souvent des espaces qui ne sont pas utilisés en permanence, comme des chambres d’amis ou des bureaux.
Comment les années de construction et les mentalités influencent la surface occupée
La surface moyenne par habitant varie selon la période de construction du bâtiment. Alors que les bâtiments anciens ont souvent des structures plus compactes, les biens construits ces dernières décennies reflètent des exigences de confort plus poussées. Mais une tendance inverse se dessine: depuis 2021, on voit de nouveau apparaître des formes de logement plus compactes, sous l’effet de la hausse des coûts de construction et des prix des terrains et d’une prise de conscience croissante du besoin d’optimiser les surfaces. Malgré tout, la surface occupée moyenne des constructions récentes reste élevée, à 46,2 m².
Pour les Suisses, la maison individuelle représente depuis toujours le Graal en termes de logement. Mais c’est aussi le logement qui prend le plus de place. Sa structure spacieuse demeure souvent inchangée, même quand il reste peu de personnes pour l’habiter. Quiconque veut réduire l’espace qu’il occupe trouve ici le levier le plus efficace. Comme un déménagement est rarement rentable sur le plan financier, peu de familles sautent le pas.
Ville et campagne: une comparaison inégale
Les différences entre les régions urbaines et rurales ne pourraient guère être plus marquées. Dans des agglomérations comme Zurich ou Genève, la hausse des prix des terrains et la pénurie de logements incitent à une optimisation des surfaces. Chacun y occupe moins de place. En revanche, dans des cantons ruraux comme Appenzell Rhodes-Intérieures ou la Thurgovie, où les terrains sont plus disponibles et plus abordables, la surface moyenne occupée par habitant dépasse souvent 50 m². La forte proportion de maisons individuelles dans ces régions renforce cette tendance.
Un changement de mentalité pour l’avenir
L’augmentation de la surface occupée moyenne en Suisse découle de changements sociétaux, mais elle pose des défis en matière d’aménagement du territoire et de durabilité. Alors que le rêve d'un logement spacieux joue un rôle majeur, l’avenir exige un changement de mentalité, surtout si la densification reste la priorité absolue.
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