11.03.2026

Adoption de l’imposition individuelle: la prévoyance au niveau individuel devient plus prioritaire que jamais

En acceptant l’imposition individuelle, la Suisse fait reposer son système fiscal sur une nouvelle base: les revenus et le patrimoine des conjoints seront dorénavant imposés séparément. Si rien ne change directement aux règles de la prévoyance vieillesse, la réforme pourrait cependant modifier la situation en matière de prévoyance personnelle. De l’avis de la Banque Migros, la responsabilité individuelle en matière de couverture financière à la retraite revêt ainsi une importance accrue.

«L’imposition individuelle rend plus visibles les différences financières au sein des couples», déclare Olivier Serex, responsable Planification financière de la Banque Migros. «Cela renforce également l’importance d’une planification individuelle de la prévoyance.»

Le travail à temps partiel détermine la situation de prévoyance de nombreux ménages

En Suisse, le débat sur la prévoyance individuelle est étroitement lié à la réalité du travail. En effet, le travail à temps partiel est très répandu chez nous: au deuxième trimestre 2024, il concernait 39% des personnes actives. Cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes (58%), contre 21% chez les hommes. Le tableau est encore plus clair chez les parents: 75% des mères dont les enfants vivent encore à la maison travaillent à temps partiel, contre 14% des pères (source: Confédération suisse, «Le temps partiel est presque trois fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes (contenu en allemand)», publié le 2.9.2025.

À long terme, ces différences ont un impact sur la prévoyance vieillesse: selon l’Office fédéral de la statistique, les femmes retraitées touchent en moyenne environ 40% de prestations du deuxième pilier en moins que les hommes. Cela s’explique notamment par la baisse des revenus due au travail à temps partiel, les interruptions de carrière et les effets systémiques de la prévoyance professionnelle, p. ex. lorsque les bas revenus ne sont assurés que partiellement par la LPP, voire pas du tout.

Revenus, patrimoine et prévoyance: plus de transparence

L’imposition individuelle ne change pas les bases légales de la prévoyance vieillesse. L’AVS, la caisse de pension et le pilier 3a restent inchangés, tout comme les différences susmentionnées à propos des droits à la prévoyance.

Ce qui change: chaque personne devra remplir sa propre déclaration fiscale. Le revenu et le patrimoine seront présentés séparément. Cela renforcera la visibilité des différences au sein d’un couple – p. ex. concernant la répartition du revenu de l’activité lucrative, la répartition des comptes et des titres, des biens immobiliers et des prêts hypothécaires, ou concernant les versements dans le pilier 3a.

«De nombreux couples vont examiner pour la première fois de manière plus détaillée leur situation de prévoyance individuelle», déclare Olivier Serex. «Loin d’avoir un impact direct sur la prévoyance, cette réforme a néanmoins un effet sur la transparence et la responsabilité individuelle.»

Ce qui pourrait changer, à l’avenir, pour les couples et les familles

Il faudra probablement encore plusieurs années avant l’introduction de l’imposition individuelle. Les nouvelles règles devront être appliquées au plus tard le 1er janvier 2032. Toutefois, il peut être judicieux de vérifier suffisamment tôt sa propre situation financière et de prévoyance.

En particulier, il faudrait se poser les questions suivantes:

  • Comment les revenus et les valeurs patrimoniales sont-ils répartis au sein du couple?
  • Les versements dans le pilier 3a sont-ils optimisés par rapport à la situation individuelle du revenu?
  • Les possibilités de rachats facultatifs dans la caisse de pension sont-elles utilisées de façon stratégique?
  • Où y a-t-il d’éventuelles lacunes de prévoyance, et comment les combler?
  • Comment répartir de manière optimale le retrait sous forme de rente et de capital entre les conjoints? Dans le cas des personnes qui partent à la retraite avant l’introduction de l’imposition individuelle, il peut être judicieux de revoir la répartition du versement de la rente et du capital entre les conjoints. Éventuellement, il est toujours possible, d’ici l’introduction de l’imposition individuelle, de procéder à un rachat dans la caisse de pension pour la personne qui touchera ultérieurement la rente plus basse. À l’inverse, la personne qui aura droit à la rente la plus élevée pourra effectuer un retrait partiel en capital, afin de réduire la rente.

Après l’entrée en vigueur de l’imposition individuelle, le retrait des avoirs de prévoyance bénéficiera d’une plus grande flexibilité: comme les retraits en capital des conjoints ne seront plus regroupés fiscalement, ils pourront être planifiés indépendamment l’un de l’autre.

La prévoyance reste une mission individuelle

Certes, l’imposition individuelle ne modifie pas la structure du système de prévoyance, mais elle met davantage l’accent sur la perspective individuelle. Le revenu, le patrimoine et les avoirs de prévoyance seront désormais plus clairement attribués à chaque personne.

«Quiconque connaît sa propre situation de prévoyance peut planifier de manière plus ciblée et s’assurer une meilleure sécurité financière à long terme», explique Olivier Serex.

Informations complémentaires
Relations publiques, Banque Migros
Tél. 044 839 88 01, e-mail: media@banquemigros.ch

Fiche d’identité: Olivier Serex

Olivier Serex travaille à la Banque Migros depuis 2018 et est actuellement responsable suppléant de la Planification financière. Il prendra la direction de ce domaine en mai 2026.

Auparavant, il a travaillé pendant sept ans à la Banque Valiant en tant que planificateur financier et conseiller en prévoyance pour les clients Entreprises. Son parcours professionnel l’a également mené à la Caisse de pensions Migros et au groupe Adecco.

Olivier Serex est expert diplômé en planification financière EPD ES et Certified Financial Planner (CFP®), et est titulaire de brevets fédéraux en planification financière et dans les assurances sociales.

À propos de la Banque Migros

La Banque Migros est une filiale à 100% de la Fédération des coopératives Migros et, en tant que telle, elle n’est pas cotée en bourse. Cela lui permet de se concentrer de manière optimale sur la création d’avantages pour la clientèle plutôt que sur l’augmentation de la valeur des actions. Elle emploie environ 2000 collaborateurs, exploite 70 succursales avec conseil financier global dans toutes les régions du pays et est donc à la fois largement représentée et bien ancrée au niveau régional. Ses clients, au nombre de plus de 1,2 million, lui confient des dépôts de la clientèle d’une valeur totale de 46 milliards de francs. En tant que sixième banque de Suisse, la Banque Migros a une grande responsabilité envers l’environnement et la société, et l’assume pleinement. Elle est la première grande banque suisse à avoir supprimé les bonus, dès 2019, dans l’esprit d’une gestion des ressources responsable et systématiquement axée sur la clientèle.

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