BCE: aucune action nécessaire
En septembre, la pause en matière de taux d’intérêt de la BCE s’est poursuivie. Avec cette décision, elle reconnaît que l’inflation est sous contrôle et qu’un nouvel assouplissement n’aurait rien changé aux défis de la zone euro. La conjoncture reste morose compte tenu des nombreux défis à relever et les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse. Une évolution qui n’est pas non plus réjouissante pour la Suisse.
Lors de la première décision sur les taux d’intérêt après l’entrée en vigueur des sanctions douanières américaines, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas toucher aux taux directeurs. Le taux de dépôt de référence est donc toujours de 2%. Auparavant, une nouvelle pause était largement anticipée par les marchés financiers. Avec un taux d’inflation de 2,1% en août, l’inflation reste pratiquement à l’objectif de la BCE et l’appréciation par rapport au dollar depuis le début de l’année empêche toute reprise de la hausse des prix. Même si l’inflation dans les services ne ralentit que progressivement, les gardiens monétaires considèrent l’inflation comme sous contrôle et leurs prévisions d’inflation n’ont guère été revues (2025: 2,1%; 2026: 1,7%).
Pause, pas de fin
Comme l’a souligné une nouvelle fois la présidente de la BCE Christine Lagarde, la banque centrale adopte une approche fondée sur les données et ne donne aucune indication sur l’orientation future de la politique monétaire. La porte reste donc ouverte pour de nouvelles baisses des taux. Tant nos prévisions que les marchés financiers tablent sur une nouvelle baisse des taux au cours des 12 prochains mois.
Une politique monétaire légèrement expansionniste ne pourrait guère contribuer à relancer une conjoncture timide. Depuis des années, l’économie européenne souffre de problèmes structurels et réglementaires qui freinent la croissance. Dans les trois principales économies d’Europe, la situation est loin d’être rose: après deux ans de contraction de l’économie les poids lourds de la zone euro Allemagne se dirige, dans le meilleur des cas, vers une mini-croissance; la dynamique conjoncturelle déjà modeste de la France s’essouffle encore et la croissance en Italie continue de stagner à un niveau très bas. En outre, les droits de douane américains et la vigueur de l’euro pèsent sur le commerce extérieur. La BCE a ainsi ramené ses prévisions du PIB à 1% pour l’année prochaine.
Le problème France
En outre, un vieux problème bien connu a récemment refait surface: le manque de discipline budgétaire de certains membres de la zone euro. Cette fois-ci, la France est sur le banc des accusés. Ce n’est pas à tort. Notre voisin occidental a la dette publique la plus élevée d’Europe, un ratio de dépenses publiques très élevé et n’a pas atteint l’équilibre budgétaire depuis 1974. La tentative d’augmenter les recettes fiscales et de réduire les dépenses pour corriger le déficit budgétaire persistant a coûté le poste au Premier ministre français, M. Bayrou, qui n’a pas réussi le vote de confiance du Parlement.
Sur les marchés obligataires, l’évolution des rendements à long terme des obligations d’État s’est déconnectée de celle des taux directeurs et a tendance à augmenter. Si les rendements français augmentent trop fortement et mettent les finances publiques en difficulté, la BCE pourrait intervenir dans le cadre du programme d’achat d’obligations du TPI en achetant des obligations d’État, atténuant ainsi les pressions sur les rendements. Mais cela implique une garantie implicite partagée pour les pays les plus endettés, ce qui se traduit par l’augmentation de la prime de risque exigée par les pays disciplinés (les garants) comme l’Allemagne.
Peu d’impact pour la Suisse
Du point de vue suisse, la pause prise aujourd’hui ne change pas la situation: le taux de change EUR/CHF ne va pas s’améliorer. Cette paire de monnaies s’est largement soustraite à la sphère d’influence de la politique monétaire et est plutôt influencée par les difficultés de la zone euro. Dans ce contexte, les investisseurs continueront de se réfugier dans la valeur refuge suisse, malgré des taux d’intérêt bas.
Tant que cette situation ne changera pas, les baisses de taux de la Banque nationale suisse (BNS) n’atténueront guère la forte pression à la hausse qui influe sur le franc face à l’euro. Nous pensons donc toujours que la BNS n’interviendra pas dans une Terrain négative, que la BCE baisse ou non ses taux. Les gardiens de la monnaie suisse devront accepter bon gré mal gré la vigueur du franc et pourront tout au plus amortir les replis trop importants de l’euro par des interventions ponctuelles sur le marché des changes. Cela signifie que nous ne voyons, pour l’instant, aucun signe de reprise face à l’euro et que le cours EUR/CHF connaîtra donc une évolution latérale étroite au niveau actuel.
(Photo: Keystone / AFP, Ludovic Marin)
Disclaimer
Les informations contenues dans la présente publication de la Banque Migros SA servent à des fins publicitaires et d’information conformément à l’art. 68 de la loi sur les services financiers. Elles ne sont pas le résultat d’une analyse financière (indépendante). Elles ne peuvent en aucune façon être interprétées comme une incitation, une offre ou une recommandation portant sur l’achat et la vente d’instruments de placement, sur la réalisation de transactions particulières ou sur la conclusion de tout autre acte juridique, mais sont données uniquement à titre descriptif et informatif. Ces informations ne constituent ni une annonce de cotation, ni une feuille d’information de base, ni un prospectus. En particulier, elles ne constituent ni une recommandation personnelle ni un conseil en placement. Elles ne tiennent pas compte des objectifs de placement, du portefeuille existant, de la propension au risque, de la capacité de risque ni de la situation financière ou d’autres besoins particuliers du ou de la destinataire. Le ou la destinataire est expressément invité(e) à prendre ses éventuelles décisions de placement sur la base de ses propres clarifications, y compris l’étude des feuilles d’information de base et prospectus juridiquement contraignants, ou sur la base des informations fournies dans le cadre d’un conseil en placement. Les documents juridiquement contraignants sont disponibles sur banquemigros.ch/fib, pour autant qu’ils soient obligatoires et fournis par l’émetteur. Le contenu de la présente publication peut avoir été créé, en tout ou en partie, à l’aide de l’intelligence artificielle. Lorsqu’elle fait appel à l’intelligence artificielle, la Banque Migros SA applique des technologies choisies et ne publie aucun contenu généré automatiquement sans vérification humaine. Indépendamment du fait que les présentes informations aient été créées avec ou sans le soutien de l’intelligence artificielle, la Banque Migros SA n’en garantit ni l’exactitude ni l’exhaustivité et décline toute responsabilité en cas de pertes ou dommages éventuels de quelque nature que ce soit pouvant résulter de ces informations. Les présentes informations constituent seulement un instantané de la situation à la date d’impression et ne sont pas automatiquement revues à intervalles réguliers.