Les Sept Magnifiques: coup d’œil sur les géants de la tech et leur avenir
Les Sept Magnifiques sont confrontés à de nouveaux défis. Alors que Nvidia continue de dominer l’infrastructure d’IA, des entreprises comme Alphabet et Amazon misent sur leurs propres puces. En même temps, les fournisseurs chinois et les modèles open source s’imposent de plus en plus, ce qui pourrait changer la donne dans l’univers de la tech en 2026.
2025 a ouvert un nouveau chapitre passionnant dans l’histoire des Sept Magnifiques, ces géants de la tech qui dominent les marchés. Mais alors que certains ont signé des succès impressionnants, on a aussi observé des performances très contrastées. Pour 2026, on s’attend à un changement de paradigme. Il s’agira davantage d’adopter une approche différenciée que de se focaliser sur la croissance générale de l’indice, et de déterminer qui saura réduire sa dépendance vis-à-vis de Nvidia et miser sur ses propres technologies. D’un autre côté, les fournisseurs chinois et les modèles open source s’imposent peu à peu, ce qui remet de plus en plus en question la suprématie des Sept Magnifiques et ouvre la porte à de nouveaux acteurs tels que Micron, Qualcomm ou Broadcom.
Qui s’est distingué en 2025?
L’année dernière, Alphabet a été la star incontestée du groupe. Avec une hausse des cours d’environ 66%, l’entreprise a profité du puissant narratif en faveur de l’intelligence artificielle (IA) et de l’importance croissante de ses propres puces TPU (Tensor Processing Units). Quant à Nvidia, elle a encore tiré les bénéfices structurels du développement des infrastructures d’IA. Malgré une consolidation sensible à partir du mois d’août, l’entreprise a connu une progression spectaculaire de plus de 1000% depuis fin 2022.
Microsoft, Amazon et Meta ont également surfé sur la vague du cloud et de l’IA. Mais vers la fin de l’année, elles ont souvent dû démontrer que leurs dépenses d’investissement massives dans l’infrastructure d’IA se traduiraient réellement par des marges et des flux de trésorerie. Tesla, par contre, est restée l’élément le plus préoccupant du groupe. Après une médiocre performance sur de longues périodes de l’année, l’action s’est redressée sur le tard, d’où la question: Tesla mérite-t-elle encore sa place dans un panier d’actions axées sur l’IA? L’an dernier, les investisseurs suisses n’ont gagné de l’argent qu’avec Nvidia, Microsoft et Alphabet, le dollar américain s’étant fortement déprécié face au franc suisse.
Dépendance vis-à-vis de Nvidia ou propre production de puces
De plus en plus, les Sept Magnifiques se répartissent en deux camps: ceux qui dépendent largement des GPU (processeurs graphiques) de Nvidia et ceux qui misent sur leurs propres puces:
- Premier camp: les tributaires de Nvidia. Microsoft, Meta et de nombreuses start-up d’IA restent tributaires des GPU de Nvidia pour répondre à la demande croissante d’apprentissage machine et d’inférence en IA. AMD gagne de temps à autre des parts de marché, mais Nvidia reste la référence incontestée dans le domaine des centres de données. Ce camp accepte des coûts matériels plus élevés en échange d’un avantage en termes de délai de commercialisation et d’un écosystème solide. Mais l’augmentation des investissements dans le cloud oblige ces entreprises à concrétiser la monétisation de leurs capacités d’IA dans des logiciels et des services.
- Deuxième camp: ceux qui produisent leurs propres puces. Alphabet et Amazon misent de plus en plus sur leurs propres puces d’IA pour se dissocier de Nvidia. Grâce à ses TPU, Alphabet a développé un possible moteur de croissance qui pourrait remettre en question, à long terme, la suprématie de Nvidia dans le domaine des centres de données. Avec ses puces Trainium et Inferentia, Amazon suit une stratégie similaire qui vise à réduire le coût de l’apprentissage machine. L’entreprise d’IA indépendante Anthropic, dans laquelle Amazon investit, fonctionne déjà sur des clusters de Trainium, et pourrait ainsi prendre quelques parts de marché à Nvidia.
Cette évolution menace directement la suprématie existante de Nvidia. La création de valeur se déplace de plus en plus de la simple fourniture de matériel vers des plateformes cloud à l’infrastructure verticalement intégrée.
La concurrence croissante de la Chine
Alors que les Sept Magnifiques adaptent leurs stratégies, les géants chinois de la tech comme Alibaba, Baidu, Tencent et Huawei rattrapent rapidement leur retard. Avec des modèles open source efficaces comme Qwen ou Ernie 4.5, ils s’imposent désormais dans une grande partie des téléchargements. Leur stratégie combine des modèles optimisés avec l’utilisation d’accélérateurs nationaux comme Huawei Ascend, créant ainsi un écosystème distinct qui ne dépend plus de Nvidia.
La tendance aux modèles open source s’observe également dans les pays occidentaux. Des entreprises telles qu’Amazon Web Services proposent des plateformes qui permettent aux clients d’exploiter à la fois des modèles propriétaires et open source, souvent optimisés sur leurs propres puces telles que Trainium et Inferentia. Pour les sept géants de la tech, cela signifie que la concurrence ne porte plus seulement sur la taille des modèles, mais sur une meilleure intégration de modèles dans les données, sur l’infrastructure et sur une production propre de puces.
2026 permettra de faire le tri
En 2026, les attentes vis-à-vis des Sept Magnifiques Seven seront haut placées. Leurs multiples de valorisation sont déjà ambitieux, pour beaucoup, et 2026 pourrait être une année test pour les géants de la tech. Les prévisions de bénéfices sont également élevées. Selon FactSet, le consensus s’attend à une hausse du bénéfice de Nvidia de 85% au cours des 12 prochains mois par rapport aux 12 derniers mois. Les attentes concernant les six autres mastodontes sont nettement inférieures: 32% pour Meta et 11% pour Alphabet, la star de cette année.
Nvidia est confrontée au défi de démontrer que la demande de GPU ne correspond pas seulement à une explosion temporaire des investissements, mais qu’elle se traduira par des charges de travail récurrentes et une monétisation logicielle à long terme. Alphabet et Amazon doivent démontrer la valeur ajoutée de leurs propres puces en affichant de plus grosses marges et une plus grande fidélisation de leur clientèle. Microsoft et Meta sont de plus en plus évaluées à l’aune de leurs réels revenus tirés de l’IA, tandis que Tesla reste confrontée à la question de savoir si son exposition à l’IA, rapportée à son activité automobile classique, suffit à justifier sa place au sein du groupe.
La fin des Sept Magnifiques?
L’homogénéité du groupe des sept est de plus en plus remise en question. Nvidia, Microsoft, Alphabet et Amazon se sont établies comme des leaders incontestables dans l’infrastructure d’IA et le développement de plateformes. Mais Tesla et, dans une certaine mesure, Apple trouvent de moins en moins leur place dans le récit de l’IA et du cloud, ce qui affaiblit la cohérence du groupe.
Par ailleurs, de nouveaux acteurs se font connaître. Micron profite de l’essor de l’IA en répondant à la demande croissante de mémoire à large bande passante (HBM) et de stockage pour centres de données. Qualcomm se concentre sur l’IA en périphérie et sur appareil avec des puces spécialisées pour les smartphones, les ordinateurs et le secteur automobile. Broadcom est un fournisseur clé pour les réseaux et les puces personnalisées dans les centres de données hyperscale et bénéficie également du cycle d’investissement dans l’IA.
Un nouvel angle de vue
Du point de vue des placements, il serait peut-être temps de repenser le concept rigide des Sept Magnifiques. Désormais, il faudrait davantage penser en termes de domaines:
- Infrastructure d’IA et puces: Nvidia, Broadcom, Micron
- Hyperscalers avec leurs propres puces: Alphabet, Amazon, Microsoft, en partie Meta
- Technologies pour utilisateurs et consommateurs: Apple, Meta
La définition initiale des Sept Magnifiques n’est plus vraiment d’actualité. L’avenir appartient à ceux qui sauront s’adapter et trouver leur niche dans un marché technologique qui évolue à vitesse grand V. 2026 fera le tri entre ceux qui atteignent le niveau suivant de l’évolution et ceux qui restent sur place.
Disclaimer
Les informations contenues dans la présente publication de la Banque Migros SA servent à des fins publicitaires et d’information conformément à l’art. 68 de la loi sur les services financiers. Elles ne sont pas le résultat d’une analyse financière (indépendante). Elles ne peuvent en aucune façon être interprétées comme une incitation, une offre ou une recommandation portant sur l’achat et la vente d’instruments de placement, sur la réalisation de transactions particulières ou sur la conclusion de tout autre acte juridique, mais sont données uniquement à titre descriptif et informatif. Ces informations ne constituent ni une annonce de cotation, ni une feuille d’information de base, ni un prospectus. En particulier, elles ne constituent ni une recommandation personnelle ni un conseil en placement. Elles ne tiennent pas compte des objectifs de placement, du portefeuille existant, de la propension au risque, de la capacité de risque ni de la situation financière ou d’autres besoins particuliers du ou de la destinataire. Le ou la destinataire est expressément invité(e) à prendre ses éventuelles décisions de placement sur la base de ses propres clarifications, y compris l’étude des feuilles d’information de base et prospectus juridiquement contraignants, ou sur la base des informations fournies dans le cadre d’un conseil en placement. Les documents juridiquement contraignants sont disponibles sur banquemigros.ch/fib, pour autant qu’ils soient obligatoires et fournis par l’émetteur. Le contenu de la présente publication peut avoir été créé, en tout ou en partie, à l’aide de l’intelligence artificielle. Lorsqu’elle fait appel à l’intelligence artificielle, la Banque Migros SA applique des technologies choisies et ne publie aucun contenu généré automatiquement sans vérification humaine. Indépendamment du fait que les présentes informations aient été créées avec ou sans le soutien de l’intelligence artificielle, la Banque Migros SA n’en garantit ni l’exactitude ni l’exhaustivité et décline toute responsabilité en cas de pertes ou dommages éventuels de quelque nature que ce soit pouvant résulter de ces informations. Les présentes informations constituent seulement un instantané de la situation à la date d’impression et ne sont pas automatiquement revues à intervalles réguliers.