Aperçu des placements: Des fondations solides pour de nouvelles perspectives
2025 a été une année record pour les marchés mondiaux des actions. La solide croissance des bénéfices, conjuguée à l’apaisement des craintes liées aux taux d’intérêt, a fait s’envoler les cours. Cette année encore, opportunités et risques resteront étroitement liés. Découvrez dans notre Aperçu des placements comment nous évaluons la situation actuellement difficile sur les marchés financiers.
La dynamique haussière cyclique se poursuit
Les catalyseurs de la hausse prolongée des actions demeurent intacts. Notre allocation reste donc cyclique malgré la multitude des risques.
Cette année, les marchés financiers devraient évoluer dans un contexte de croissance soutenue – notamment portée par les politiques budgétaires expansionnistes de nombreux pays – et de normalisation progressive de l’inflation. De nombreuses banques centrales seront donc en mesure de baisser encore les taux d’intérêt, ou de les maintenir à un niveau relativement bas. Entre la croissance en hausse, le recul des barrières douanières et les conditions de financement favorables, les entreprises pourront voir leurs bénéfices progresser encore, faisant perdurer la tendance haussière sur les marchés des actions. Bien entendu, des risques subsistent: la situation géopolitique précaire restera le facteur d’incertitude numéro un en 2026. Combinés aux défis posés par l’explosion de l’endettement public, les turbulences commerciales et les doutes récurrents sur la durabilité de l’essor de l’intelligence artificielle (IA), ces facteurs devraient provoquer quelques périodes de volatilité sur les marchés. Mais globalement, c’est l’optimisme qui prévaut. Nous conservons par conséquent une allocation cyclique.
Actions
surpondération
Malgré une conjoncture robuste dans un contexte de baisse des taux d’intérêt, le développement de l’intelligence artificielle reste le principal moteur des marchés boursiers, en particulier aux États-Unis. Son adoption par les entreprises sera au centre des préoccupations en 2026: il s’agira de démontrer que cette nouvelle technologie permet de réels gains de productivité. En Europe, les entreprises bénéficient des investissements publics prévus dans les infrastructures et la défense, pendant que les entreprises chinoises se positionnent de plus en plus comme un concurrent sérieux dans l’industrie mondiale malgré les droits de douane. En dépit des fortes valorisations, nous tablons cette année sur des rendements s’inscrivant dans une plage élevée à un chiffre sur les marchés des actions. Les valeurs cycliques mènent la danse: les actions suisses de qualité et très défensives serviront moins de moteur de rendement que de stabilisateur bienvenu dans un contexte aux multiples incertitudes.
Obligations
sous-pondération
Dans un contexte de faibles taux, les obligations en francs suisses resteront peu attractives en 2026. Cela dit, les obligations étrangères perdent elles aussi de leur attrait du fait des baisses de taux à l’échelle mondiale, surtout en raison des risques persistants d’appréciation du franc suisse. Du côté des entreprises, la prudence reste de mise: le grand nombre de refinancements à venir découlant des taux bas pourrait provoquer des turbulences, en particulier dans les segments moins haut de gamme.
Placements alternatifs
surpondération
Cette année encore, nous misons sur l’or et les placements immobiliers suisses, que nous considérons comme des sécurités essentielles dans un environnement à forte volatilité.
Michael Birrer Michael Birrer
Michael Birrer est Responsable Research & Advisory de la Banque Migros. Dans ses articles, il aborde des questions concernant les placements et l’évolution des marchés financiers.
2026: un nouveau chapitre s’ouvre
Après une année 2025 étonnamment robuste, caractérisée par une croissance vigoureuse, un recul de l’inflation et une hausse des marchés des actions, les investisseurs abordent la nouvelle année avec optimisme. Les marchés restent influencés par des thématiques telles que l’intelligence artificielle, la relocalisation, le friendshoring et les événements géopolitiques. Alors que l’intelligence artificielle et ses nouvelles applications focalisent l’attention aux États-Unis, l’Europe et les marchés émergents offrent d’intéressantes opportunités de valorisation.
Retour sur une solide année 2025
En 2025, la conjoncture s’est révélée meilleure que ce que beaucoup redoutaient en début d’année, après la journée historique du «Liberation Day». L’économie mondiale a affiché une solide croissance de 3%, sans tomber dans la récession. En même temps, l’inflation a poursuivi son recul dans la plupart des pays industriels, donnant aux banques centrales la marge nécessaire pour passer d’une politique restrictive à des taux directeurs plus neutres.
Les marchés des actions ont généré de nouveaux gains sur cours, portés par la croissance solide des bénéfices et l’apaisement des inquiétudes sur les taux. Les géants de la tech américaine et les gagnants de l’intelligence artificielle se sont à nouveau retrouvés sous les feux de la rampe. Les marchés boursiers européens et de nombreux marchés émergents ont également dégagé des rendements boursiers impressionnants, mais pour des valorisations inférieures à celles observées aux États-Unis – un paramètre de base déterminant pour 2026.
Ce qui attend les marchés des actions en 2026
2026 s’annonce elle aussi bonne pour les investisseurs. Des taux d’intérêt bas, une inflation modérée, une solide croissance des bénéfices et des tendances structurelles telles que l’intelligence artificielle, la relocalisation et les questions de sécurité devraient soutenir les marchés. Néanmoins, l’effet positif des baisses de taux devrait perdre en intensité par rapport à 2025. Il est donc d’autant plus important de miser sur la qualité, les flux de trésorerie et une sélection sectorielle et régionale adéquate.
En même temps, les tensions géopolitiques, les échéances électorales et les valorisations élevées dans certains secteurs menacent toujours. Toutefois, ces nuages ne devraient pas trop assombrir les perspectives, qui restent largement positives.
Intelligence artificielle
La Réserve fédérale américaine (Fed) table désormais sur une hausse annuelle de la productivité d’environ 2,5%, largement alimentée par les applications d’IA. En 2026, l’engouement général pour l’IA laissera la place à la question de la capacité réelle des entreprises à exploiter efficacement cette technologie et à la rentabiliser.
Les grands gagnants actuels de l’IA, en particulier dans le domaine des infrastructures et des semi-conducteurs, affichent déjà des valorisations élevées. Autrement dit, les cours n’ont plus guère de marge de progression. La capacité des entreprises à générer des bénéfices et des flux de trésorerie disponibles sera donc décisive. On observe deux écoles en termes de stratégie: il y a les entreprises comme Microsoft, qui misent sur l’écosystème des GPU de Nvidia, et les acteurs intégrés comme Alphabet, qui produisent leurs propres puces d’IA.
Pendant ce temps, la concurrence entre les États-Unis et la Chine dans le domaine de l’IA s’intensifie. Ici, les écarts de coûts joueront un rôle prépondérant. Les systèmes d’IA chinois ne misent pas sur des systèmes propriétaires, mais sur des modèles open source, disponibles librement et exploitables sur une infrastructure globalement moins chère. Ces modèles peuvent être adaptés beaucoup plus facilement par les entreprises et optimisés pour des besoins spécifiques. Des sociétés occidentales profitent également des avantages de ces modèles open source, comme le groupe américain Airbnb, qui mise sur le modèle Qwen d’Alibaba.
Opportunités sur les marchés émergents
Les pays émergents, qui tirent généralement parti de l’affaiblissement du dollar américain et des cycles de baisse des taux américains (hors période de récession), abordent 2026 avec des décotes attrayantes par rapport aux pays industriels. La demande croissante en matières premières, alimentée par les projets d’infrastructures, la transition énergétique et le besoin accru en énergie et métaux lié à l’IA, stimule les exportations de nombreux pays émergents.
En outre, la tendance au friendshoring et aux chaînes de production régionales sur certains marchés émergents politiquement proches des États-Unis et de l’Europe génère des flux structurels d’investissements. Les investisseurs considèrent de plus en plus les actions des marchés émergents comme des sources de rendement à part entière et plus comme un simple complément. L’Amérique latine et certains marchés asiatiques pourraient tout particulièrement susciter l’intérêt en 2026.
Europe
L’Europe reste à la traîne avec une forte décote par rapport aux États-Unis. Il est particulièrement frappant de constater que certaines des small et mid caps européennes se négocient à plus de 30% sous le niveau de leurs homologues américaines. Du côté des bonnes nouvelles, les hausses de salaires réels soutiennent la consommation privée, tandis que la politique budgétaire expansionniste prévoit des investissements massifs dans les infrastructures. Cela dit, le niveau élevé des prix de l’énergie, la densité de la réglementation, le recul de la compétitivité de l’industrie et les droits de douane commerciaux constituent autant de défis à relever. Malgré tout, les actions du secteur industriel pourraient encore tirer leur épingle du jeu cette année, notamment celles qui bénéficient des investissements dans les infrastructures, de la relocalisation des sites de production et de la transition énergétique. Les valeurs financières ont également de bonnes chances de progresser, car elles pourraient bénéficier de la pentification de la courbe des taux et de la stabilité des marchés de crédit.
En Europe, la Suisse reste une garantie de qualité défensive avec ses bilans solides, ses marges stables et la génération de bons flux de trésorerie disponibles. Les actions suisses bénéficient d’un environnement politique stable, d’une monnaie forte et de leur rôle de valeur refuge en période de volatilité accrue. Cette année, les valeurs de qualité à forts dividendes de l’industrie pharmaceutique, du secteur alimentaire, des industries proches des infrastructures et de certaines valeurs financières resteront prisées car elles allient stabilité et revenus internationaux.
Géopolitique: une arme à double tranchant
Cette année encore, la géopolitique restera un facteur de risque évident. L’ordre mondial fragmenté, témoin de la concurrence des grandes puissances américaine et chinoise, la persistance des conflits et le recours accru à des armes économiques telles que les droits de douane créent un climat d’incertitude. Certains secteurs comme la défense, l’énergie, la cybersécurité et les infrastructures stratégiques offrent néanmoins des opportunités intéressantes.
En dépit des obstacles, le tableau pour 2026 reste globalement positif: les taux faibles, l’inflation maîtrisée et la croissance solide offrent de multiples opportunités aux investisseurs. La sélection active de valeurs de qualité, de flux de trésorerie solides et de thèmes d’avenir tels que l’IA ou les pays émergents sera déterminante. La crainte d’un krach imminent s’effacera alors au profit des opportunités et des choix stratégiques.
Andrea Bally Andrea Bally
Andrea Bally est responsable de l’analyse actions et fonds. En outre, elle rédige régulièrement des articles sur l’évolution des marchés financiers.
Phase avancée du marché haussier cyclique
Nous tablons sur des rendements positifs pour les actions dans le monde entier cette année, mais nous identifions également certains risques. Le niveau de valorisation historiquement élevé rend le marché vulnérable aux mauvaises surprises.
États-Unis
La situation actuelle sur le marché des actions américain offre globalement de bonnes conditions pour une nouvelle année boursière solide. La conjoncture est résiliente, la croissance ayant été revue à la hausse et l’inflation continuant de refluer, ce qui élargit la marge de manœuvre des banques centrales. Les baisses de taux de la Fed devraient intervenir dans un environnement non récessif, ce qui devrait donner un coup de pouce supplémentaire au marché. En même temps, l’effet néfaste des droits de douane s’atténue, tandis que la politique budgétaire devrait soutenir les réductions d’impôts et la dérégulation. La multiplication des fusions-acquisitions, l’intensification des rachats d’actions et la hausse des bénéfices des entreprises donneront un élan supplémentaire. Il est d’ailleurs particulièrement réjouissant de constater que le marché gagne en largeur. La part de la croissance estimée des bénéfices au cours des douze prochains mois qui ne provient pas des sept premiers titres technologiques a fortement augmenté par rapport aux deux dernières années.
Néanmoins, le niveau de valorisation actuellement élevé sur le marché boursier américain inquiète de plus en plus nombre d’investisseurs. Certains observateurs se plaisent déjà à dresser des parallèles avec la bulle internet du début des années 2000, mais de telles comparaisons nous semblent pessimistes et trop prématurées.
Le niveau de valorisation historiquement élevé rend certainement le marché vulnérable aux mauvaises surprises – surtout face à des risques sans grand rapport avec la marche des affaires des entreprises elles-mêmes, comme le potentiel d’escalade sur la scène géopolitique ou l’explosion des déficits budgétaires et de la dette publique qui se creusent aux États-Unis et dans d’autres pays.
Si l’on se limite à l’échelle des entreprises, force est de constater que les gains sur cours et les valorisations dans le secteur technologique sont importants, mais pas au point de signaler une surchauffe évidente. Les leaders actuels de la tech possèdent des modèles d’affaires qui fonctionnent; ils sont très rentables et parfaitement capitalisés. Cela diminue la hauteur de la chute et crée un plancher stable au cas où l’engouement des investisseurs pour l’IA viendrait à s’atténuer. Une grande partie des cours élevés reflète objectivement la forte croissance des bénéfices, contrairement à l’année précédant l’éclatement de la bulle internet, où les cours dépendaient bien davantage de l’expansion des valorisations. De plus, les Magnificent Seven ont des finances bien plus saines que les acteurs dominants à l’époque de la bulle internet, car leurs investissements sont jusqu’ici financés par leurs flux de trésorerie.
Certains parallèles sont tout de même justifiés. Nous observons un recours croissant à la dette pour financer les investissements dans l’IA, ce qui a assurément de quoi inquiéter. Par ailleurs, l’essor des valeurs technologiques a généré un risque de concentration significatif. Comparativement, le niveau de concentration atteint lors de la bulle internet en 2000 ou de la bulle Nifty Fifty en 1973 paraît bien modeste. Bulle ou pas, hier comme aujourd’hui, la diversification reste le mot d’ordre pour une stratégie de placement efficace et orientée sur le long terme.
Europe
Avec son rendement sur dividendes attrayant et un niveau de valorisation modéré, mais aussi de nombreuses entreprises passionnantes et de qualité, le marché des actions européen permet de diversifier son portefeuille. Comme les actions européennes restent avantageuses par rapport à leurs homologues américaines, leurs valorisations peuvent encore progresser.
Sur le plan économique, un coup de pouce pourrait aussi intervenir. La révision à la hausse des prévisions de croissance laisse entrevoir le début d’une possible reprise. L’inflation s’est stabilisée dans la fourchette cible des banques centrales, ce qui permet à ces dernières de maintenir des taux directeurs bas et donc des conditions de financement avantageuses pour les entreprises. En outre, l’effet néfaste des droits de douane américains s’atténue, ce qui profite en particulier aux entreprises européennes exportatrices.
La politique budgétaire est de plus en plus expansionniste et s’accompagne de la perspective de réformes favorables aux entreprises, destinées par exemple à renforcer leur compétitivité, à réduire les obstacles réglementaires, à promouvoir les start-ups et à choisir une orientation stratégique qui se démarque du protectionnisme.
Suisse
L’accord douanier conclu entre la Suisse et les États-Unis a soulagé de nombreuses entreprises au quatrième trimestre, car les États-Unis sont un débouché important. Au dernier trimestre, le marché suisse des actions, auparavant à la traîne, a laissé le S&P 500 et le Stoxx 600 loin derrière. Nous pensons que cette phase de rattrapage aura encore une marge de progression dans les prochains mois.
Une croissance économique solide, couplée à une faible inflation et des taux directeurs bas, crée des bases macroéconomiques stables. Il faut s’attendre à une reprise de la dynamique conjoncturelle dans la zone euro au second semestre, ce qui profitera à de nombreuses entreprises suisses orientées à l’international. D’ailleurs, les vents contraires dus aux droits de douane et à la forte appréciation du franc diminuent. Au niveau des entreprises, une croissance modérée des bénéfices d’environ 8% ainsi que la perspective d’une expansion des valorisations sur des niveaux globalement équitables jouent en faveur du marché.
Les rendements en dividendes intéressants renforcent l’attrait relatif dans un environnement de taux bas persistants. Par ailleurs, le marché des actions suisse se positionne à l’international comme un ancrage sûr, défensif et de qualité, dans un environnement cyclique marqué par une forte volatilité macroéconomique. Bien qu’il puisse sous-performer légèrement par rapport aux actions américaines et de la zone euro dans un marché haussier cyclique, en particulier vers la fin de l’année, il tire justement parti de sa qualité et de sa stabilité dans les périodes d’incertitude accrue.
Andrej Franz Andrej Franz
Andrej Franz est spécialiste des placements à la Banque Migros.
Des valeurs réelles en alternative aux obligations
Dans le contexte actuel de taux bas, les obligations suisses n’offrent plus guère de rendements attrayants. Les valeurs réelles peuvent constituer une alternative, mais il ne faut pas négliger l’importance de la diversification.
Depuis l’abaissement du taux directeur de la BNS à 0% en milieu d’année, la Suisse renoue avec un environnement de faibles taux, qui devrait perdurer cette année. Comme à l’époque des taux d’intérêt négatifs, entre 2015 et 2021, les investisseurs sont à nouveau en quête de rendements réels positifs. Durant cette période, les actions suisses avaient dégagé un rendement corrigé de l’inflation d’environ 10% par an, contre 0,7% seulement pour les obligations.
Tel est le gros inconvénient des obligations en contexte de faibles taux: leur valeur étant nominale, elles ne génèrent plus guère de rendements réels positifs, c’est-à-dire après déduction de l’inflation. Quelles sont les alternatives?
Des valeurs réelles intéressantes dans un contexte de taux bas
Les valeurs réelles – actions, immobilier ou métaux précieux – représentent des droits sur des biens tangibles et compensent l’inflation sur le temps long, contrairement aux valeurs nominales comme les obligations. Dans le contexte actuel, les valeurs réelles se présentent donc une fois encore comme une alternative aux obligations, car elles offrent des rendements corrigés de l’inflation relativement séduisants, même avec des taux durablement bas – et permettent ainsi de se constituer un patrimoine au fil du temps. Cela devient presque impossible avec les obligations, compte tenu de leur rémunération réelle faible, voire négative.
Réduire les risques en diversifiant
Comme les cours des valeurs réelles, telles que les actions, fluctuent nettement plus que ceux des valeurs nominales, leur part accrue augmente aussi le risque global du portefeuille. Il est donc essentiel de diversifier largement son portefeuille: en combinant actions, immobilier, or et autres valeurs réelles, on réduit le risque et on stabilise les revenus. Même avec des taux faibles, il ne faut pas écarter complètement les obligations, qui apportent de la stabilité en période de turbulences.
Outre les actions, que nous trouvons également intéressantes cette année, les placements immobiliers suisses restent prometteurs. Ils bénéficient des faibles taux, d’une forte demande et d’une activité de construction limitée, tout en conservant un profil risque-rendement attrayant. Enfin, l’or mérite également une place permanente dans le portefeuille, car il agit comme un bouclier contre l’inflation et les risques géopolitiques.
Michael Birrer Michael Birrer
Michael Birrer est Responsable Research & Advisory de la Banque Migros. Dans ses articles, il aborde des questions concernant les placements et l’évolution des marchés financiers.
Au-delà de l’or: l’intérêt d’une vision élargie
Cette année encore, les métaux précieux seront dans le viseur des investisseurs, car ils offrent stabilité et opportunités en période d’incertitude. Alors que l’or et l’argent dominent habituellement, le platine et le palladium suscitent un intérêt croissant de par leur importance dans l’industrie et leurs perspectives d’avenir. S’intéresser plus largement à ces métaux peut ouvrir de nouveaux horizons.
Cette année encore, les métaux précieux capteront l’attention des investisseurs. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, l’augmentation des dettes publiques, l’incertitude monétaire et de profondes mutations structurelles, l’or, l’argent, le platine et le palladium ont démontré à la fois une résistance remarquable et un potentiel intéressant. Alors que l’or et l’argent jouent généralement les premiers rôles, il apparaît de plus en plus clairement que le platine et le palladium, des métaux souvent négligés, méritent davantage d’attention.
Le pilier d’une performance robuste
L’année écoulée a été exceptionnelle pour les métaux précieux. L’or a de nouveau confirmé son rôle de conservation de la valeur et atteint de nouveaux records. Les achats des banques centrales, la baisse des taux réels et la recherche de sécurité ont largement contribué à ce succès. Quant à l’argent, il a nettement dépassé la performance de l’or et tiré parti de son rôle croissant dans l’industrie, en particulier dans les secteurs de l’énergie solaire et de l’électronique.
Mais les métaux traditionnels ne sont pas les seuls à avoir brillé: le platine et le palladium, souvent éclipsés par l’or et l’argent, ont suivi une trajectoire impressionnante. Après plusieurs années de sous-performance, le platine a bondi de 130% et le palladium de 93%. Cette envolée s’explique principalement par une offre structurelle insuffisante. L’extraction de ces métaux est très concentrée géographiquement: environ 70% du platine mondial et environ 35 à 40% du palladium proviennent d’Afrique du Sud, et une grande partie du palladium restant provient de Russie. Les coupures d’électricité récurrentes, les infrastructures délabrées, les tensions sociales et des années de sous-investissement en Afrique du Sud ont fait fondre l’offre alors que la demande reste forte.
Platine: une matière première clé pour l’avenir
Le platine est désormais bien plus qu’un métal pour les catalyseurs qui atténuent la nocivité des gaz d’échappement: il est devenu une matière incontournable pour l’industrie chimique, les applications à haute température et surtout, la technologie de l’hydrogène. Dans les piles à combustible, le platine est presque irremplaçable, ce qui en fait un pilier de la transition énergétique – un aspect longtemps sous-estimé.
Palladium: prometteur, mais volatil
Le palladium a lui aussi connu une puissante reprise l’an dernier malgré une forte volatilité. Contrairement au platine, l’usage du palladium est plus restreint: environ 70 à 80% de la demande se concentre sur les catalyseurs dans l’industrie automobile. Dépendant largement du secteur automobile, le palladium est plus exposé aux fluctuations conjoncturelles, ce qui explique sa grande volatilité.
Perspectives 2026: les métaux précieux restent intéressants
Cette année encore, les métaux précieux offrent des perspectives prometteuses. Devant les baisses de taux attendues, les déficits publics élevés et les incertitudes géopolitiques persistantes, l’or reste un pilier de stabilité pour les investisseurs. Selon nos prévisions, l’or pourrait culminer à 5000 dollars l’once d’ici à la fin de l’année. L’argent devrait également bénéficier de la hausse de la demande industrielle, notamment dans le secteur solaire, et voir son cours passer de 78 à 100 dollars l’once.
Alors que l’or et l’argent continuent de jouer un rôle important dans les portefeuilles des investisseurs, il est temps de prêter attention au platine et au palladium. Leur importance dans l’industrie et leur rôle dans les technologies d’avenir en font des options intéressantes pour les investisseurs. Élargir son horizon au-delà de l’or permet de profiter des opportunités offertes par ces métaux précieux – et de se préparer ainsi aux défis de demain.
Andrea Bally Andrea Bally
Andrea Bally est responsable de l’analyse actions et fonds. En outre, elle rédige régulièrement des articles sur l’évolution des marchés financiers.
Encore une année sous le signe du franc
Comme l’an passé, le franc reste fort. L’évolution monétaire dans les mois à venir se caractérise par trois tendances: une amélioration timide de la conjoncture en Europe, une économie américaine toujours robuste et une BNS qui ancre le franc grâce à son taux zéro et à sa crédibilité.
Comme en 2025, divers facteurs suggèrent une stabilisation du taux EUR/CHF. Du point de vue de la politique monétaire, une nouvelle baisse des taux semble fort improbable, tant pour la BNS que pour la BCE. Le différentiel de taux devrait donc rester constant. Le franc est déjà fortement valorisé, et la BNS a abaissé son taux directeur à 0% l’été dernier. Depuis, elle se montre surtout attentiste et ne prévoit des interventions sur le marché des changes qu’en cas de nécessité. Cette retenue engendre une pression haussière supplémentaire, sans toutefois mettre le franc sous pression. Parallèlement, les perspectives de croissance s’améliorent légèrement dans la zone euro. La dynamique conjoncturelle reste modérée, mais devrait être légèrement supérieure, cette année, à celle de la Suisse. Tout indique que l’euro restera donc bien ancré autour de 0,93 franc.
La parité USD/CHF livre un tableau bien différent: alors que la Fed s’assouplit peu à peu, le taux directeur de la BNS est déjà à son niveau plancher. Après un long cycle de resserrements, la Fed a entamé la baisse progressive des taux d’intérêt. Le marché prévoit de nouvelles interventions pour les trimestres à venir, ce qui réduit graduellement l’avance du dollar sur le franc. Par rapport aux attentes des marchés financiers, nous anticipons une cadence légèrement plus mesurée dans l’approche de la Fed, mais sans remettre en question sa politique de plus en plus accommodante.
En outre, en 2025, le dollar a perdu une partie de son rôle de valeur refuge en raison de la politique imprévisible du président Trump. Nous pensons toutefois que la situation s’est calmée, du moins pour l’instant. Le dollar est – et restera – la monnaie hégémonique sur les marchés financiers mondiaux tant qu’il n’existe pas d’alternative raisonnable. Nous sommes d’avis qu’en 2026, les États-Unis connaîtront une croissance économique beaucoup plus forte que la Suisse, ce qui freinera la dépréciation du dollar. Nous escomptons une stabilisation du billet vert à 80 cents.
L’EUR/USD, enfin, évolue entre ces deux pôles. La BCE a quasiment achevé son cycle de baisses des taux, la facilité de dépôt avoisinant les 2%, tandis que la Fed maintient une fourchette bien supérieure, entre 3,75 et 4,00%. L’avantage de taux du dollar demeure donc intact, mais n’est plus aussi marqué que ces dernières années. Parallèlement, les perspectives de croissance dans la zone euro s’améliorent légèrement, sous l’effet des impulsions budgétaires et de l’atténuation de la crise énergétique, tandis que la conjoncture américaine reste robuste. Nous tablons par conséquent sur une remontée progressive de l’euro, et considérons que chaque nouvel assouplissement de la Fed pèsera davantage sur le dollar que sur la monnaie unique.
Pour conclure, jetons encore un coup d’œil au yen. Pour la première fois depuis des décennies, le différentiel de taux est maintenant en Extrême-Orient, puisque la Banque du Japon vient de relever son taux directeur à 0,75%. Depuis début 2025, la monnaie japonaise a perdu environ 12% face au franc, atteignant des plus bas historiques. L’orientation future dépendra également de la réussite du plan de relance. Dans l’ensemble, nous pensons que le yen a atteint le creux de la vague et que la devise japonaise pourra se stabiliser légèrement au-dessus de son niveau actuel.
Valentino Guggia Valentino Guggia
Valentino Guggia est économiste à la Banque Migros. Il s'occupe de l'analyse de l'évolution macroéconomique et conjoncturelle ainsi que des événements sur les marchés financiers.
Des pousses conjoncturelles fragiles
Conjoncture
Portée par une croissance honorable, voire forte, l’économie américaine reste la locomotive de la conjoncture mondiale. La Suisse et la zone euro doivent quant à elles s’accommoder d’une dynamique au ralenti pour l’instant. Enfin, la Chine reste confrontée à des problèmes structurels et d’exportation, mais elle pourra maintenir sa croissance annuelle aux alentours de 4,5%. Damit lässt sich das globale Konjunkturbild für 2026 mit «Grundsätzlich positiv, aber dennoch verhalten» zusammenfassen. Mögliche Störfeuer sind insbesondere bei der Geo- und Handelspolitik auszumachen.
Taux d’intérêt
La Suisse connaît à nouveau un manque d’options de placement, qui marquera l’année 2026. Aucune inversion de tendance ne se dessine pour le moment. Dans la zone euro, en revanche, le niveau des rendements, tiré par les préoccupations relatives aux finances publiques, s’est découplé de celui des taux directeurs. Il en va de même pour les bons du Trésor américain. Une baisse notable des rendements semble exclue compte tenu des incertitudes budgétaires et commerciales.
Politique monétaire
Instaurer un taux directeur négatif en Suisse n’est toujours pas opportun et serait contre-productif. Nous ne prévoyons pas non plus de nouvelle baisse des taux du côté de la Banque centrale européenne. La Réserve fédérale américaine devrait toutefois revenir à un cycle de réductions de taux prudent l’an prochain.
Monnaies
L’évolution monétaire dans les mois à venir se caractérise par trois tendances: une amélioration timide de la conjoncture en Europe, une économie américaine toujours robuste et une BNS qui ancre le franc grâce à son taux zéro et à sa crédibilité. Dans ces conditions, le franc ne devrait guère évoluer face au dollar, mais aussi et surtout face à l’euro.
Santosh Brivio Santosh Brivio
Santosh Brivio est responsable de l’Economic Research de la Banque Migros. À ce titre, il s’occupe principalement de l’évolution conjoncturelle, des taux d’intérêt et du marché immobilier ainsi que des points de rencontre avec les marchés financiers.
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